Comment j'ai tué le vieux

 

Lazare Dentimon n’aime pas les gens, n’aime pas les autres, l’humain le gonfle mais il aime les livres, et c’est tant mieux car il est directeur d’une grande maison d’édition. Cela fait longtemps qu’il s’est résigné à trouver la perle parmi les tonnes de manuscrits qui envahissent son bureau, tout cela n’est qu’un océan de pages tartinées de graffiti qui l’ennuie, le gave, le sature, une inondation de non-sens, un tsunami de néant, d’insipides gouffres, une marée noire de nullité, un vide sidéral… alors Lazare n’a plus la foi, il a renoncé à la curiosité, il est triste et amer, il s’ennuie donc il boit.

Jusqu’au jour où arrive une toute petite lettre bleue mystérieuse, une lettre qui s’est glissée comme un soupir, noyée dans la houle des hurlements obscènes des manuscrits empilés. Cette bouleversante missive va bouleverser la monotonie de la vie de Lazare, son âme chevaleresque refait surface ; il se sent impliqué, et malgré lui elle va l’entraîner dans un suspens drôle et inquiétant.