L'encens des foules asservies

 

Aucune émotion ne nous atteint plus profondément, que celles qui nous touchent de près ; ce pourrait être la manière la plus simple de résumer ce roman qui se nourrit de nos malaises, de nos penchants noirs, comme de nos petits sourires et de tout ce qui fait de l’être humain la machine la plus complexe, la plus magique et la plus perverse qui soit.

 

Une petite fille disparaît dans une ville de province, une petite fille qui est une partie de l’âme de la population. Dès cet instant, un tempo marqué par les vingt-quatre heures qui s’égrènent à l’horloge du clocher lance un compte à rebours lancinant.

 

À la manière du duo Stéphane Eicher et Philippe Djian, dans « Déjeuner en paix », Marie-Hélène Ferrari s’interroge, et nous aussi lecteurs, sur l’impact d’un fait divers sur notre existence pour ensuite peindre un portrait social, cruel et tendre de nos rapports avec le drame.

 

En peignant ces êtres, c’est nous qu’elle peint.

 

Littéraire, drôle, inventif ce livre est un espace d’émotions libérées.